Ici des textes sur le genre humain conjugués au présent de l'incitatif et au passé compliqué. Si tu as une guitare, viens y faire vibrer tes cordes.
A l’aube, les bestiaux se mirent à périr,
Animaux se couchant pour se laisser mourir,
De l’âne au bouquetin.
Suivis par les serpents s’éteignant en silence
Malgré la reptation en longue pénitence.
Et il y eut un soir, il y eut un matin.
Les oiseaux sans un cri tombèrent à leur tour
Foudroyés en plein vol, de l’ibis au vautour,
En danse de pantin.
Le ventre des poissons effleura la surface,
Cadavres pourrissant de la fin d’une race.
Et il y eut un soir, il y eut un matin.
Notre grand lumignon ne s’en vint plus briller
Privant de ses rayons un ciel écarquillé
De voir terni son teint.
La nuit ne put trancher ayant perdu fortune
De l’éclat argenté de son croissant de lune.
Et il y eut un soir, il y eut un matin.
Les arbres pétrifiés en poses de martyrs
Laissèrent aux rameaux la récolte blettir
Vers son triste destin.
S’enfonça dans les mers le sec appelé terre
Faisant seules les eaux en derniers légataires.
Et il y eut un soir, il y eut un matin.
Le ciel dans un éclair disparut sans un bruit
Laissant partir les eaux tout au fond de la nuit
Dans l’espace lointain.
La terre de nouveau devint informe et vide
Planète sans couleurs aux ténèbres sordides.
Et il y eut un soir, il y eut un matin.
Alors la Voix tonna contre l’humanité
Ne sachant pas saisir les opportunités
Offertes dans l’espoir :
« Polluer,guerroyer, actions trop coutumières
Pour ces gens disparus. Je coupe la lumière ! »
Et il y eut un soir.