Ici des textes sur le genre humain conjugués au présent de l'incitatif et au passé compliqué. Si tu as une guitare, viens y faire vibrer tes cordes.
Comme j’aurais aimé encore vous chanterLes mers et océans aux reflets de turquoiseRenfermant en leurs flancs des langoustes narquoises,Des coraux paresseux, des murex argentésDes monnaies-caraïbe accrochées aux gorgonesEt des crabes dormeurs à la pose bougonne.Je suis des océans, la dernière baleineMais mon chant ne peut plus traverser l’épaisseurDe tous les détritus exhalant leur haleineRépandus par l’humain à la vie de jouisseur.Comme j’aurais aimé glatir dans la montagneDans les airs parfumés par la rose des ventsEt danser dans l’azur du pays de cocagneEn posant mon regard sur le feu au LevantIrradiant les sommets des neiges éternelles,Des glaciers en diamant, des sapins sentinelles.Je suis sur mon piton l’ultime aigle royalNe pouvant plus voler dans les fumées toxiquesS’élevant des cités de l’humain déloyalTransformant la montagne en zone désertique.Comme j’aurais aimé courir sur des vallonsAllonger mon galop sur une mousse tendre,La robe caressée par le doux aquilonEt sauter des ruisseaux où barbotent des sandres,Ecouter d’un prunier l’amusant bavardageEmporté par le vent traversant son feuillage.Je suis sur la prairie la dernière cavaleBroutant l’herbe brûlée par les appâts du gainAiguisant l’appétit des sociétés rivalesArrachant sur le sol jusqu’au moindre regain.Comme j’aurais aimé caresser la baleineEntendre son long chant au fond des océansVoir un aigle royal, au-dessus de la plaine,Appuyer sur le vent ses ailes de géantsEt traverser la lande en tenant l’encolureD’un coursier vagabond trottant à vive allure.Je suis du genre humain le dernier des vivantsLa terre est dévastée de son centre aux deux pôlesMais pourquoi ce déclin sans aucun survivant ?Notre terre d’un coup serait devenue folle ?