Ici des textes sur le genre humain conjugués au présent de l'incitatif et au passé compliqué. Si tu as une guitare, viens y faire vibrer tes cordes.
Un paon faisait la roue à la cour de la ferme
Pour montrer au vulgaire avec quel noble aspect
L’on peut se distinguer d’un lourdaud pachyderme,
D’un bovin fort dadais inspirant l’irrespect
Par sa robe quelconque et son triste pelage
Ne trouvant de valeur qu’après l’équarrissage.
Le fier gallinacé, trottait, se pavanant
Pour afficher ses ors irradiant les ocelles
Comme le roi ferait lors du couronnement.
Hélios fit jaillir des milliers d’étincelles
Du plumage créant merveilleux ornement.
Alors, la tête haute et se croyant en vue
Le volatile alla pour faire sa revue
Et montrer aux communs son éclat rayonnant.
Il s’en vint voir le porc affalé dans sa fange
Qui ne se leva pas devant sa Majesté.
Notre prince emplumé trouva le fait étrange
Qu’aucun respect profond ne soit manifesté
Pour autant de grandeur, c’était hallucinant !
Il trottina plus loin vers les bêtes volailles,
Les poules, les dindons, les cailles sans attrait
Et vivant bruyamment en de tristes harpailles.
Devant tant de fadeur, le paon, de son portrait,
Exhibait à l’envi luxurieuses couleurs
En agitant sa roue aux reflets enjôleurs.
Mais, les gallinacés, loin de la déférence,
Refusèrent l’invite à jouer aux commensaux
Et poursuivirent seuls en pleine indifférence
La recherche de pain ou bien de vermisseaux.
L’oiseau fut très marri de sa déconvenue
Et replia les stras de sa haute tenue.
Tête basse il pria : « Qu’il advienne l’instant
Que par l’Académie un grand anatomiste
Reconnaisse ma grâce et mon port de Sultan. »
Le paon fut exaucé sans qu’il soit pénitent :
Il fut mené le soir chez le taxidermiste.
Pour complaire et charmer nul besoin d’un atour
Ne faisant que miroir pour sottes alouettes.
Une tête bien faîte, un esprit sans détour
Attirerons sur vous de nombreuses conquêtes.