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Ici des textes sur le genre humain conjugués au présent de l'incitatif et au passé compliqué. Si tu as une guitare, viens y faire vibrer tes cordes.

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Goulag

Presque sans bruit au mois d'août de cette année, s'éteignait Alexandre Soljénitsyne écrivain russe, prix Nobel. Il a dénoncé dans ses ouvrages le système concentrationnaire soviétique qui s'est perpétué du début de la révolution russe jusque dans les années 50.


Oh ! Ta tombe Alexandre est encor toute fraîche

Que se fane déjà ton bouquet de jasmin.

Ton encre rouge sang n'est pas tout à fait sèche

Que le vent de l'oubli tourne ton parchemin

En emportant ton nom, pauvre Soljénitsyne,

Rejoindre les charniers de l'île Sakhaline.


Le souvenir s'en va quand il est une gêne

Et les morts sont passés par pertes et profits.

N'étaient-ils pas, ces Zeks*, un risque pathogène

Pour un parti devant relever les défis

D'un combat appuyé par l'internationale

Approuvant les exils dans la lutte finale ?


Ainsi raisonne-t-on pour justifier les actes

D'un système traitant l'humain comme excrément

En le jetant pour mort, dans les geôles intactes

Du tsarisme abhorré, sans aucun jugement ;

Laissant à l'archipel le soin de la justice

En offrant chaque hiver des morts en sacrifice.


Pendant que le frimas figeait les temps de peine,

Et qu'au soleil mourut Trotsky Davidovitch**,

Tu maçonnas le mur de la prison de haine

Dans le froid de l'enfer, Ivan Dénissovitch.***

Belle révolution conservant dans les glaces

De la déportation les esprits trop vivaces.


Sur tous ceux, supposés, repoussant en pensée

Le dogme d'un parti traitant en dissidents

Koulaks et babouchkas pour : doctrine offensée !

Tcheka puis Guépéou, mordaient à belles dents.

C'était l'application de l'État-dictature

Par un prolétariat luttant contre nature.


Rien n'est à oublier, la bête a des complices

Attendant le retour d'un octobre sanglant,

La faucille et marteau dans leur boite à supplices

Prêts à frapper d'horreurs le grand troupeau meuglant.

Pour remplir un goulag ranimant les brimades,

Il ne manquera pas de zélés camarades.


*Zek : appellation officielle du Zaklioutchonny (détenu)

** Lev Davidovitch (1879-1940) : véritable nom de Trotsky. Expulsé de l'U.R.S.S. en 1929 et assassiné au Mexique par le N.K.V.D.

*** Ivan Dénissovitch : personnage du roman de Soljénitsyne "Une journée d'Ivan Dénissovitch"

Tcheka, Guépéou puis N.K.V.D. : services spéciaux soviétiques aux Affaires intérieures. Procédaient aux arrestations arbitraires, aux interrogatoires et à la déportation des Zeks.

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Commenter cet article
A
Magistral !Un Manifeste bien documenté et, par dessus tout, poétisé avec talent et ferveur.<br /> J'applaudis le Poète. Et, avec toi, je salue l' Homme.  Alice.
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P
Bel hommage à ce poème que je ne connaissais pas...
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M
Bonsoir Patrick,<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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A
triste réalité merveilleusement bien mise en images par ces mots.bravo !arielle
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B
du terrible realité,l'histoire de l'homme est parfois pitoyable.....Bel ecriture que je decouvre avec plaisir,merci de ce partage.
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