Ici des textes sur le genre humain conjugués au présent de l'incitatif et au passé compliqué. Si tu as une guitare, viens y faire vibrer tes cordes.
Eh bien voilà ! C’est terminéLa pauvre vieille est enterrée.Elle a rejoint et sans encombreDans sa tombe, bien à l’ombre,Celui qui lui faisait parfoisUn chapeau en cornes de bois.Comme elle n’a pas pardonnéC’est la tombe du cul tourné.La famille bien qu'accablée,Accourue pour rafler le blé,Fait aussitôt un vrai scandaleAu coût de la pierre tombale,Entamant sec son beau profit.Du bon béton aurait suffi !Chacun pleure sa part perdueSur la pierre qui l’a tondu.Puis c’est retour à la bicoquePour y fouiller dans les breloquesDans les tiroirs et les placards,Y découvrir le moindre liard.Ils démontent la cheminéeCar souvent là y sont cachésLes lingots d’or ou bien les LouisMais là chou blanc, rien que la suie.Le partage des maigres biensEst arbitré à coups de poingEt pour le plus petit torchonC’est le crêpage de chignon.Les alliances des deux défuntsSont coupées par ces aigrefinsLe carillon du corridorEst partagé entre consorts.Il ne restait que la maisonPour terminer la tondaison.Afin de la vendre au plus tôt,On fit venir un tombereau.Où l’on chargea ces petits riensSouvenirs vains des deux anciensQue l’on mena à vive allureSans remords sur le tas d’ordures.Puis estimant que le magotNe ressemblait pas au lingotQu’ils espéraient bien empocherDe la part de leurs deux fauchés,Ces beaux infâmes défolièrentToutes les fleurs au cimetière.Il ne fallait pas dérangerQuand on a peu à partager !Ah ! Que la vie est très bien faiteElle a pensé en plus des fêtes,De mariages de nos enfants,Rajouter les enterrements.Qui permettent de rassembler,Les familles bien dispersées,Autour d’un mort qu’est bien contentDe voir pleurer ses descendants.