Ici des textes sur le genre humain conjugués au présent de l'incitatif et au passé compliqué. Si tu as une guitare, viens y faire vibrer tes cordes.
Sodome, en ce temps là, hébergeait des odieux,Des hommes se trempant aux bains de la luxureEn récusant aussi l’offense faite à DieuEt ne prenaient pas garde à sa juste censure.Ses agents sont venus, un soir dans la cité,Apporter sa parole à tous les sodomitesMais ces hommes sans foi, avec brutalitéOnt tenté d’abuser des anges sans limitesQui ne furent épargnés que par l’interventionDu seul parmi ces gens à suivre une moraleEt qui dans sa maison devenue un bastionLes protégea au mieux d’une attaque immorale.Il offrit aux furieux frappant contre son huis,Les corps immaculés de ses filles pucelles,En espérant ainsi que les gens soient séduitsEt qu’ils épargneraient ses hôtes porteurs d’ailes.Mais les deux messagers à travers le vantailFrappèrent au dépourvu la foule grimaçantePar un éclair lancé en un large éventail,Aveuglant dans la nuit les ombres menaçantes.Puis ils dirent à Lot, ainsi était son nom,Que la foudre du ciel allait réduire en cendresCette ville affichant le vice à son pennonEt qu’il devait partir, au plus tôt, sans attendre.Rassemblant sa famille il passa les rempartsAprès avoir reçu comme unique consigne :De ne point contempler du plus petit regardLa fin de la cité déclarée trop indigne.Alors qu’un feu divin s’abattait dans son dos,L’épouse fit l’erreur d’un coup d’œil en arrière.Et la sanction tomba comme tombe un rideauEn statufiant son corps en un sel de carrière.Ne resta plus à Lot qu’à aller se cacherEn emmenant au loin ses filles jouvencelles ;Et c’est sur les hauteurs, dans le creux d’un rocher,Qu’il trouva un abri au monde qui chancelle.Mais une fois passé leur terrible frayeur,Les sœurs, sans un mari pour connaître l’étreinte,Se dirent qu’après tout, « pourquoi chercher ailleurs ?»Leur père suffira pour qu’elles soient enceintes.Ainsi le premier soir, l’aînée versa du vinDans la coupe de Lot qui plongea dans l’ivresseEt la fille aussitôt s’approcha et s’en vintTendre à son paternel des appas de maîtresse.Et puis le soir suivant, la cadette à son tourOffrit de la boisson pour enfin, sans attendre,Connaître le coït en ôtant ses atours ;Et Lot durant ces nuits devint son propre gendre.Ainsi le Tout-Puissant en châtiant la citéPar le soufre et le feu, a fait en un seul gestePérir de pauvres gens pour des futilitésEt germer chez l’humain une graine d’inceste.