Ici des textes sur le genre humain conjugués au présent de l'incitatif et au passé compliqué. Si tu as une guitare, viens y faire vibrer tes cordes.
Du haut des falaises que la mer vient lécher,Un enfant faisait face à la vaste étendueCette mer frémissante aux vagues déhanchées,Où voyagent à tous vents des bateaux suspendus.Il regarde partir la fière goéletteQue pousse un vent d’autan pour regagner le large.Elle trace un sillon en passant chaque crête,Utilisant sa proue comme Brennus sa targe.Et l’enfant l’imagine au milieu des tempêtesSur l’océan lointain face à Poséidon,Repoussant les assauts dans un grand tête-à-têteEntre le Dieu liquide et ce brave gardon.Son rêve se poursuit, la voyant accosterIles inconnues baignant en eau limpide,Où des fleurs sans pareil éclatent de beautésPour parer à l’envi des fillettes sylphides.Le voici matelot du plus beau des voiliersVoyageant sur ces mers que l’on dit fabuleuses.Découvre une terre où poussent bougainvilliersEt passe le cap Horn en ses eaux tumultueuses.Mais le voilier n’est plus qu’un point sur l’horizonEmportant à son bord les rêves de l’enfant.Il n’est pas un Jason pour chercher la toisonA bord d’un fier trois-mâts sur des eaux qu’il pourfend.En attendant ce jour où il sera marinPour découvrir la mer qui l’appelle à grands cris,Il parcourt la grève sur le dos d’un poulainPartageant la peine de son rêve en débris.Trottant sur la plage où les vagues vont mourir,Le cheval comprenant qu’il porte une tristesse,Dans un hennissement qui crée éclats de rireIl allonge le pas et prend de la vitesse.Le voilà Pégase portant Bellérophon.Ailes déployées il poursuit la Chimère,Sur son dos l’enfant rit à chacun de ses bonds,Dans un dernier élan, ils survolent la mer.