Il va trottant sur le chemin
Avec son chant pour tout bagage
Ayant reçu sur parchemin
D’offrir sa voix pour quelques gages
Chez le comte de Saint-Germain
Devant tout un aréopage.
Ha ! petit troubadour, par ta voix de velours,
Tu fais chanter les fleurs et danser le faubourg.
S’élève alors dans le salon,
Rempli de gens à particule,
La tendre voix du baryton
A enflammer le crépuscule
A dégeler l’astre Pluton
Et affoler les ventricules.
Ha ! petit troubadour, par ta voix de velours
Tu fais tourner la tête aux dames de la cour.
Les belles sont prêtes à construire
Une volière au beau serin
Disposées à se méconduire
Dans un amour adultérin
Elles voudraient pouvoir séduire
Le tendre cœur du baladin.
Ha ! petit troubadour, par ta voix de velours
Tu pousses la donzelle à ôter ses atours.
Mais si l’amour sait taquiner
En s’envolant à tire d’aile
Pour s’en aller libertiner
Sous des fourreaux bien infidèles
Le troubadour veut butiner
Qu’au jupon de son Isabelle.
Ha ! petit troubadour, par ta voix de velours
Tu as su repousser toutes les Pompadour.
Il a repris la route blanche
Pour retourner à son logis
Y retrouver des yeux pervenche
Et un jupon plein de magie
Cachant les chairs rondes et blanches,
Asile où il se réfugie.
Ha ! petit troubadour, par ta voix de velours
Prie le Ciel que toujours, Il garde ton amour.