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Ici des textes sur le genre humain conjugués au présent de l'incitatif et au passé compliqué. Si tu as une guitare, viens y faire vibrer tes cordes.

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Titi Pinoche

Je le voyais marcher en zigzags chaque soir,

Les cernes des abus soulignaient la paupière,

Le menton en galoche ignorait le rasoir

Et le nez long ... mais long en lame de rapière.


Sur son dos affaissé pendouillait sa guenille,

Un pan de tissu vert tout poisseux et puant ;

Rogaton d'un manteau devenu souquenille

Abritant sa charpente aux vents la secouant.


Il poussait certains jours une antique poussette,

Carcasse d'un landau lui servant de fardier,

Dans laquelle il jetait les fruits de sa cueillette

Qu'il allait grappiller à l'océan bordier.


Des huîtres et bigorneaux et quelquefois des praires

Qu'il vendait par la ville en frappant aux maisons.

Ou bien allait bêcher pour grossir ses salaires :

Résultat des travaux offerts par les saisons.


Quand ma mère achetait son lot de coquillages

Je le voyais alors lever son couvre-chef

Et la remercier par quelques bredouillages

Avant de s'en aller au bistrot derechef.


C'était un vrai poivrot pourtant plein de mérite

Car il n'alla jamais quémander un secours

Préférant vivoter, ne point être hypocrite

En gagnant pain et vin par d'émouvants discours.


L'époque le voulait, pas d'argent en cascade

Sinon par les efforts sur un lieu de travail

Et le Titi Pinoche aux vingt pleins par décade

N'a jamais au labeur joué l'épouvantail.

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C
Un p'tit coucou au passage, il fait trop chaud, à bientôt bisous
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S
Toujours émerveillée, Patrick par la richesse de tes mots, qui flirtent avec l'ancien de façon expressive, et les rend modernes : je pense à souquenille, fardier, rogaton ! Quant au poème : aperçu d'une vie qu'il nous est donné de voir hélas chaque jour mais tu en détournes avec habileté l'aspect misérable en lui accordant la dignité : celui des quelques sous gagnés et non mendiés...
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F
Toujours d'aussi beaux écrits PatAmitiés, Flo
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D
Chez moi il y en avait deux qui retenaient l'attention :Le premier avait été trépané, il lui manquait la moitié des cheveux, le reste, par touffes, le rendait hirsute. Et un cicatrice assez laide zigzaguait entre les touffes. Il n'était pas méchant, mais il insultait tout le mone.Le deuxième avait un caddy remplit de petits animaux en peluches et il se baladait dans toute la ville avec.Ils ont disparu un hiver.
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V
Que de souvenirs ! On n'en voit plus, des comme ça, parce qu'à l'époque ils étaient rares et vraiment typés. C'était ce qu'on appelait réellement "un clochard", comme dans le film "Boudu sauvé des eaux". Chez nous aussi, à Fontainebleau, il y avait un clochard que l'on appelait "Clopinel", et qui poussait lui aussi son petit landau avec toutes ses affaires dedans. Il vivait en lisière de forêt... Et nous qui vivions tout près du bois, nous le regardions passer de son pas hésitant par la fenêtre.
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