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Ici des textes sur le genre humain conjugués au présent de l'incitatif et au passé compliqué. Si tu as une guitare, viens y faire vibrer tes cordes.

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Vingt ans

Pour commencer cette nouvelle année, je vous propose un texte selon la forme de la "terza rima italienne", utilisée par Dante dans sa "Divine comédie".
Le jeu consiste à écrire des tercets en multiple de trois et dont la rime orpheline centrale du premier tercet est reprise dans le suivant et ainsi de suite. On a l'impression de "tricoter" son poème, c'est très plaisant à écrire.
Cerise sur le gâteau, je me suis amusé également à finir le texte en reprenant au dernier tercet une rime centrale correspondant aux rimes du premier tercet.


Qu'ai-je fait à l'époque où j'arborai vingt ans ?

Cet âge ourlé de jours chargés de cent promesses

Que je brûlai sans peur dans des jeux inconstants.


Le monde était à moi malgré les maladresses

Que je renouvelai sans prendre de leçon

Étant sûr d'araser les hautes forteresses.


Je mordis dans la vie et lui fit un pinçon

Pour connaître son goût de vin fort d'Italie

Qui me tourna la tête en fol colimaçon.


Mes nuits étaient des jours aux instants de folie

A danser sur la mer et dans tous ses bas-fonds

Pour semer dans les flots des graines d'ancolie.


J'avalai le rubis teintant les carafons

Qui me firent chanter du matin à la brune

Et faire sur les zincs tous mes dépôts de fonds.


Je sautai les moulins et décrochai la lune

Pour monter des bouquets de ses rayons d'argent

Que j'offris, en galant, aux belles sans fortune.


Je semai mes amours par désir résurgent,

Comme le pissenlit voit s'envoler sa graine,

En butinant les fleurs d'un cœur froid, négligent.


L'insouciance était ma seule souveraine

Régnant sur un Ubu faisant fi des malheurs

Et croyant son destin une fête foraine.


J'étais loin de savoir que certaines couleurs

Peignent des cauchemars dans une âme qui lève

Et qu'il nous faut lutter pour chasser les douleurs.


Les printemps sont passés en laissant sur la grève

Mes remords qui sont nés des actes délirants.

N'est-ce pas à vingt ans qu'il faut vivre son rêve ?


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P
Moi je dis qu'il faut vivre son rêve quand il se présente à nous... J'ai toujours vingt ans dans ma vie... Le bonheur, le frisson, la réalité qui me poursuit comme une bonne étoile, je pense que la beauté se forge en grandissant, je suis bien plus heureuse aujourd'hui qu'à vingt ans...
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A
Je suis bien d'accord avec Sido : quelle que soit la forme, la première qualité d'un Poème est l'émotion qui en sourd et qui vient nous toucher. Tu y parviens parfaitement, avec ta verve et ton élégance coutumière.Je salue également la plaisante initiative qui t'a fait choisir cette construction originale : elle confère à tes Vers une légèreté... Celle de tes 20 ans !Je repars avec le sourire.Merci, Patrick.
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S
Qu'importe tierce, tercet ou alternance des rimes ; du non parfait technique ? et Après ? D'abord il y a pour le lecteur  la saveur des mots, l'audace du choix, la pointe de nostalgie compensée par la verdeur toujours présente, et le plaisir de te lire Patrick.
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D
La quatrième strophe n'a que des rimes féminines !
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D
Je corrige une erreur : seul le Romancero d'Hérédia est une tierce rime.
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