Ici des textes sur le genre humain conjugués au présent de l'incitatif et au passé compliqué. Si tu as une guitare, viens y faire vibrer tes cordes.
Paris peut voir couler aux fontaines Wallace,Les eaux pouvant servir à toutes ablutionsPour le moindre passant.Voir jaillir rieuse l’onde sur chaque placeAu milieu de bassins de grandes dimensionsEn jets resplendissants.Nous au village on a qu’une seule fontaineGlougloutant doucement un petit filet d’eauNe cessant pas de rire.C’est là que je côtoie, dans sa robe de laine,Chaque matin Marie venant remplir son seauEt m’offrir un sourire.Paris a su tracer de grandes avenuesDe larges boulevards où marche le chalandA l’ombre du feuillage.La parisienne peut d’un pas trotte-menuArpenter le trottoir tout en affriolantL’homme dans son sillage.Nous au village on a qu’un tout petit cheminOù passe un char à bancs tiré par un chevalEt parfois le bétail.C’est là que chaque soir sentant bon le jasminMarie fait sa balade en m’accordant l’avalDe lui prendre la taille.Paris peu se targuer d’avoir pour l’ombragerDe hautes plantations en forêt de BoulogneEt celle de Vincennes.Chênes centenaires aux branches ouvragéesEt des hêtres racés qui poussent sans vergogneSur les bords de la Seine.Nous au village on a pour unique forêtRien qu’un hallier planté de quelques arbrisseauxDe bien modeste souche.C’est là que j’ai osé grisé par un clairetCueillir sur Marie par le plus tendre assautUn baiser sur sa bouche.Paris a édifié les tours de Notre-DameEt une basilique en belle robe blancheSur Montmartre là-haut.De nobles monuments rappelant aux quidamsQu’il faut venir prier un peu chaque dimancheEt verser son écot.Nous au village on a qu’un petit édificeUn clocheton pointu flottant sur quatre mursA peine un campanile.C’est là qu’un jour Marie à mon grand bénéficeM’a accordé l’accès par un joyeux murmureA son corps juvénile.