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Ici des textes sur le genre humain conjugués au présent de l'incitatif et au passé compliqué. Si tu as une guitare, viens y faire vibrer tes cordes.

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Le chemin des souvenirs

Se sauvant du clocher et courant sur les toits
Le glas vient annoncer le départ de Lucien
Et donner aux chevaux le rythme du convoi.
Se tenant à un bras lui servant de soutien,
La vieille en trottinant, pour une ultime fois,
Suit l’homme qui avait fait tout son quotidien.
 
Et tintent les heures nous menant au trépas,
Le sablier du temps ne se retourne pas.
 
Le corbillard fleuri tiré par deux chevaux
Remonte la rue Thiers aux passants se signant
Et atteint l’école, sa cour et son préau.
La vieille se souvient, lorsqu’elle avait six ans,
C’est là que son Lucien pour son premier cadeau
A noué dans ses cheveux un morceau de ruban.
 
Et tintent les heures nous menant au trépas,
Le sablier du temps ne se retourne pas.
 
Les chevaux essoufflés passent devant la halle
Où l’on donnait jadis à la Saint-Valentin
Sur un parquet disjoint le plus joyeux des bals.
C’est là qu’elle a dansé dans les bras forts câlins
De Lucien qui a su, en s’y prenant pas mal,
Lui ravir cette nuit, la fleur de son jardin.
 
Et tintent les heures nous menant au trépas,
Le sablier du temps ne se retourne pas.
 
Les hommes cravatés, les femmes chapeautées,
Suivant le corbillard atteignent la mairie.
La vieille se souvient de ce beau jour d’été
Où fière elle en sortit au bras de son mari,
Pour partager sa vie sans jamais le quitter
Même lorsque passaient quelques nuages gris.
 
Et tintent les heures nous menant au trépas,
Le sablier du temps ne se retourne pas.
 
Dans un bruit de sabots et de hennissements
Le convoi dépasse le petit banc de bois,
Où ils venaient s’asseoir pour profiter du vent
Les soirs de plein été lorsque le ciel flamboie
Et chaque soir Lucien lui passait doucement
Le bras autour du cou comme écharpe de soie.
 
Et tintent les heures nous menant au trépas,
Le sablier du temps ne se retourne pas.
 
Les chevaux à l’arrêt attendent patiemment
A l’ombre du cyprès le retour du cocher.
La foule défilant devant le trou béant
Dit un dernier adieu avant de s’éloigner.
La vieille appuyée sur des bras prévenants
Regarde son bonheur venant d’être enterré.
Et verse tous ses pleurs sur son malheur naissant.
 
Et tintent les heures nous menant au trépas,
Le sablier du temps ne se retourne pas.
Texte modifié à la suite des judicieux conseils de Valentine que je remercie.
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A
J'aime l'idée de ce poème, ce "continuum" de la vie, avec le temps en quatrième dimension qui fuit vers l'infini !
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V
Je suis heureuse que tu comprennes ma réaction : lorsque j'étais jeune, mon père m'a fait la guerre sur ma versification et j'en étais d'abord offusquée, mais c'est grâce à lui si j'ai ensuite appris à faire des sonnets parfaits. Et j'ai bientôt compris que :1 - Quitte à faire de la poésie classique, autant la faire "bien".2 - De toute façon le vers classique est la meilleure base pour un rythme de qualité dans la poésie française, même contemporaine.Bisous !
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V
Très beau poème ! J'admire l'inspiration, l'agencement des rimes... Cependant -et justement parce que j'admire ce que tu fais-, je voulais attirer ton attention sur quelques vers dont le rythme "cloche" : c'est trop dommage dans un ensemble si parfait.Quand tu écris des vers de 12 syllabes il y a toujours un appui sur la 6e syllabe (comme sur la 12e), donc il ne faut pas qu'elle soit un "e" muet ("le convoi dépasse") ; et d'autre part, au début, tu sembles avoir compté comme syllabes des "e" muets qui sont élidés devant la voyelle qui suit ("accrochée aux bras", "la vieille, à pas lents") : dans ce cas-là, ils ne peuvent pas compter ! Peut-être pourrais-tu arranger cela ? Ton poème aurait plus de rythme !Bisous.
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G
Je te laisse un commentaire car j'aime cette façon d'écrire.<br /> Même s'il n'est peut-être pas fini,  ou ça bug, ton texte est sur de bonnes bases. <br /> Amitiés. ghis
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